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Le corps est un trésor

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Hey, Look ! It's Yoshiki Usami
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MessageSujet: Le corps est un trésor Lun 12 Avr - 0:43


    C'était encore une de ces journées où tout le monde semblait aller bien. Tout le monde souriait, tout le monde criait joyeusement dans les couloirs, tout le monde riait et s'amusait à n'en plus pouvoir. Et évidemment c'était durant ces journées là, que l'infirmerie se retrouvait déserte car personne n'avait l'obligeance de se faire mal ou d'avoir mal quelque part. Yoshiki s'ennuyait donc comme un rat mort dans les locaux qui lui étaient réservé et Akihito trainait dieu sait où, bref introuvable.

    Il avait donc entreprit un grand nettoyage de printemps (ou plutôt un nettoyage tout à fait justifier dans une pièce servant à ausculter les gens et parfois même à faire des points de sutures). Le matériel brillait comme un sous neuf même si c'était parce-qu'ils étaient lavés pour la troisième fois de la journée. Les draps sales tournaient dans la machine à laver tandis que ceux immaculés couvraient le lit de repos. Le cuir qui recouvrait la table d'auscultation reluisait (il venait de le nourrir avec un produit spécial) et le sol brillait comme de l'argent, on aurait pu y manger dessus. Il passa une manche sur son front et un sourire apparut sur ses lèvres alors qu'il contemplait son travail avec satisfaction. Il aimait que tout soit parfait et surtout très propre. Une salle d'examen se devait de respirer la propreté, c'est par la que commençait l'apprentissage de la confiance des patients.

    Seulement voilà...le ménage était terminé, ce qui signifiait...plus rien à faire. Il tourna légèrement en rond dans son bureau passant plusieurs fois devant le meuble à document avant de s'arrêter devant. Il tira une petite pile de dossiers : les élèves. Au moins, il connaîtrait leurs antécédents médicaux à la perfection et les soigner serait plus facile plutôt que d'aller chercher la moindre petite information dans le dossier. Il s'installa donc dans sa chaise et commença à ouvrir le premier. Lysander. Il lut quelques lignes seulement, ce dossier là, il le connaissait déjà par coeur et le seul fait de voir sa photo le torturait avec douceur. Il le referma et passa au suivant. Plongé dans ses lectures, il ne vit plus les heures passer (ce qui était en soi une grande nouvelle) et ce fut à l'arrivée d'un dossier particulier qu'il reprit notion de l'espace et du temps. Akira...il lui semblait avoir croisé cet élève quelques fois dans les couloirs de l'université pourtant son souvenir était vague. Il avança dans les lignes tentant également de se rappeler de lui et des sensations lui parvenaient. De la distance, de la froideur, il se souvenait d'un adolescent fièr marchant sûr de lui et pourtant ce qu'il dégageait n'était que froid et désolation. Un petit rebelle sûrement trop gâté par ses parents qui ne connaissait pas plus à la vie qu'un nouveau né et qui voulait ce donner un genre.

    Yoshiki se rendit alors compte que cet Akira Hayaki, il ne l'avait jamais vu ici...et donc jamais examiné. Il avait dû passer entre les filets de la visite médicale annuelle, même s'il se demandait comment cela pouvait être possible. Quoi qu'il en soit son dossier n'était pas en règle. Il attrapa le combiné de son téléphone et demanda aussitôt
    "Faites envoyer l'élève Akira Hayaki, section A, à l'infirmerie dès la fin de ses cours aujourd'hui, qu'il soit escorté. Merci."

    Il hocha la tête en raccrochant et déposa le dossier sur le coin de son bureau avant de se lever pour ranger les autres correctement à leur place et par ordre alphabétique cette fois à l'intérieur du meuble à dossier. Les cours se terminaient bientôt, la journée ne serait peut-être pas entièrement inutile cette fois-ci.


Dernière édition par Yoshiki Usami le Mar 20 Avr - 23:05, édité 1 fois
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Hey, Look ! It's Akira Hayaki
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Lun 12 Avr - 14:05

    Il arrive, parfois, que l'on se réveille avec la sensation que rien n'ira comme on le souhaite, que rien ne sera fait selon ses envies, aujourd'hui.
    Mais il arrive aussi que l'on se réveille avec une merveilleuse sensation de bien-être que l'on pressent ne pas nous quitter de la journée.

    Ce matin-là, Akira arriva en retard à son premier cours de la journée puisque son réveil n'avait pas daigné sonner.
    Il dut se doucher à l'eau froide, la réserve d'eau chaude ayant été entièrement utilisée. Ou gaspillée, par les autres imbéciles.
    Il s'enfonça un crayon dans l'œil en voulant faire un simple trait noir sur sa paupière et coinça le lobe de son oreille entre les deux plaques chauffantes de son lisseur.
    C'est à ce moment-là qu'il compris, inconsciemment, que le reste de la journée se déroulerait sous le même schéma... Et, malheureusement pour lui, il n'avait pas vraiment tord...

    Il passa la porte du dortoir, enfin vêtu. Très simplement, c'est évident. Il n'avait pas eu le temps de peaufiner sa tenue. Le premier jean qui lui était tombé sous la main et un tee-shirt rouge sang aux grosses inscriptions noires.
    Des baskets aux pieds, son sac à la main. Prêt. Direction : son cours.

    En retard. D'un quart d'heure, tout de même. Le professeur lui refusa l'accès à sa classe, arguant que s'il avait pris le temps de se maquiller et de se coiffer, il aurait pu se présenter devant cette porte plus tôt. A l'heure.
    Akira, toujours égal à lui-même, s'était contenté d'un bref hochement de tête et de quelques paroles. « Merci de m'épargner la perte de temps qu'est votre cours. » Ton dégagé. Froid sans être irrespectueux. Mesuré, contrôlé.
    Perte de temps. Mensonge proféré afin d'avoir le dernier mot. S'il trouvait réellement ce cours aussi inintéressant qu'il l'affirmait, il n'aurait pas pris la peine de se lever. Aurait attendu qu'on l'oblige à bouger. Et il n'aurait pas essayé de limiter au maximum son retard.
    Il avait fermé la porte avant de se rendre à la bibliothèque.
    Une fois entouré de tous ces livres, il se senti vaguement fatigué. Et quel meilleur endroit qu'une bibliothèque pour se reposer un peu ?
    Il s'installa à une des tables les plus éloignées de la porte d'entrée. La plus à l'écart. Et il enfouit sa tête dans le fourreau confortable que lui offraient ses bras.

    Encore une fois, il se réveilla trop tard. Soupirant, il analysa la situation.
    Le cours auquel il devrait déjà être n'était pas un des plus passionnant. Loin de là. Et puis, avec une demie-heure environ de retard, il n'était même pas la peine de s'y pointer.
    Il assisterait au seul qu'il avait cet après-midi. Ce serait déjà cela...

    Il abandonna les livres lorsque l'appel de la nourriture se fit trop fort.

    Il manqua de s'étouffer avec une bouchée de son sandwich trop sec et renversa son soda sur son tee-shirt.
    Jurant contre « ce foutu destin, ce foutu soda et ce foutu Dieu, si Dieu il y a » il retourna dans son dortoir avec la ferme intention d'éviter dès à-présent tout ce qui avait pour but de se mettre en travers de son chemin.
    Tout cela, jusqu'à maintenant, c'était déjà trop... Et la journée n'était pas encore finie.
    Il jeta son tee-shirt taché dans un coin de la pièce et enfila une chemise noire qu'il boutonna aux trois quarts seulement.

    Il tua le temps qu'il y avait jusqu'à l'heure de son dernier cours de la journée (et premier auquel il assisterait) dans les jardins.
    Allongé sur l'herbe au soleil.
    Silence, harmonie. Apaisement. Du corps, de l'âme et de l'esprit.

    Il préféra partir plus tôt que d'habitude, traversa l'université, évita de justesse une chute qui l'aurait obligé à retourner se changer -encore- et fut devant la salle cinq minutes avant que le cours débute.
    Il s'y ennuya profondément. Rester concentré s'avérait être une véritable épreuve...

    Et à la fin, alors qu'il pensait enfin pouvoir être tranquille, même s'il l'avait été pendant plus ou moins toute la journée, un surveillant l'apostropha.
    « Vous êtes attendu à l'infirmerie. »
    Bien, il pourrait toujours être attendu, il n'avait pas l'intention d'y aller. S'il avait pu échapper à la visite médicale annuelle -quel miracle- ce n'était pas pour être examiné maintenant.
    Il commença à marcher. Le surveillant le suivait.
    « Je connais le chemin. »
    *Que je n'emprunterais pas...* Il est toujours utile de savoir où se trouve les endroits que l'on souhaite éviter.
    « On m'a demandé de vous escorter. Suivez-moi. »
    Évidemment. Bon et bien, il n'avait pas d'autre choix que de le suivre...
    En soupirant, il se remit en marche derrière le surveillant. Tel un condamné à mort s'avançant vers l'échafaud.
    Quand une journée débute mal, apparemment, cela ne va pas en s'arrangeant.

    Et il ne le lâcha pas. L'accompagna jusqu'à la porte, toqua à cette-dernière et lui ouvrit, s'effaça afin de le laisser passer. Une fois rentré dans l'infirmerie, la porte se referma derrière lui, sur le surveillant.
    Il ne pouvait plus partir, maintenant.

    Il passa une main nonchalante dans ses cheveux et s'assit avec élégance sur une chaise sans y être invité.
    Aucune salutation.
    Il n'avait pas envie d'être là, il allait le lui faire sentir...


Dernière édition par Akira Hayaki le Ven 16 Avr - 11:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Lun 12 Avr - 22:47


    Il s'était occupé des plantes de la salle d'attente et de son bureau en attendant l'arrivée de l'élève. Elles en avaient besoin, surtout les feuilles d'habitude si vivaces étaient aujourd'hui dans un état de lassitude semblable à l'ambiance générale de la journée. Akihito avait encore oublié de les arroser depuis quelques jours. Ce gars était génial mais alors quelle tête en l'air il faisait... Quoiqu'il en soit le moment fatidique arriva plus tôt qu'il ne l'aurait cru.

    Assis à son bureau depuis à peine une dizaine de minutes, la porte de la salle d'attente se fit entendre et quelques secondes plus tard une tête aux cheveux d'un noir de geai et entièrement lisses apparut à la porte. La silhouette s'installa sur un siège face au bureau sous le regard perplexe de Yoshiki et le silence s'installa. Il posa ses mains sur son bureau en observant toujours le jeune garçon. Ses traits étaient durs et accentués par son expression qui ne semblait vouloir dire qu'une chose "sale type j'en ai rien à foutre de ce que tu vas dire". Soit...Yoshiki connaissait ce genre d'adolescent et il en côtoyait quelques uns dans cette université. Il lui adressa un sourire agréable avant de commencer.

    " Akira ...Hayaki san...je me suis aperçu que tu avais échappé à la visite médicale annuelle...tu es plutôt doué dans ton genre je me trompes ?"

    Il sourit et se redressa pour poser son stétoscope autour de son cou et repoussa légèrement sur le côté la plaque sur le bureau qui affichait glorieusement "Dr USAMI Yoshiki". Il se leva enfin et contourna le bureau pour rejoindre la table d'auscultation...

    "Viens donc ici, ça ne prendra pas beaucoup de temps mais il faut mettre ton dossier à jour"

    Il tapota la table en souriant et tira le rouleau de papier pour l'en recouvrir.
    Son professionnalisme ? Evidemment. Il ne pouvait pas laisser un élève non examiné se balader dans l'université de cette façon. De plus, il était bien curieux sur la façon dont Akira avait réussi à passer entre les mailles du filet pour la visite médicale car les élèves étaient amenés par section à une date précise et Yoshiki était chargé de vérifier si tout le monde passait. La seule chose probable était qu'il avait dû se tromper. Impossible ! Pourtant, une erreur d'inattention pouvait se loger, d'autant plus quand il était perturbé par sa vie personnelle. Il fallait donc réparer les erreurs, en bon médecin consciencieux qu'il était.

    Pourtant...une légère intuition lui disait que ce ne serait peut-être pas aussi simple que cela pouvait l'être avec n'importe qui d'autre. Le visage froid du garçon, maintenant qu'il était devant lui...il s'en souvenait de façon nette et précise. Comment oublier une expression aussi dure. Avait-il eu une enfance difficile ? Avait-il du grandir plus vite que son âge ?...De toute évidence son passé devait être lourd pour qu'il soit aussi renfermé aujourd'hui. Yoshiki en avait des sensations étranges...un peu comme s'il ne savait pas vraiment comment réagir face à lui : le conseiller ? le protéger ? ou bien l'ignorer ?...L'instabilité...mais cette gêne étrange, il parvenait à la dissimuler...tant bien que mal.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Mar 13 Avr - 12:54

    Silence.
    Le regard perplexe de Yoshiki se posa sur Akira qui encra ses yeux sombres dans ceux du médecin qui le fixait sans même lui faire un rappel sur ce qu'est la politesse. On dit bonjour et on attend d'y être invité pour s'asseoir. De toute façon, sa mère n'avait pas eu le temps de la lui apprendre, la politesse. Elle n'avait pas non plus eu le temps de lui expliquer la vie. Il avait du s'y lancer sans même en connaître toutes les bases.
    Silence.
    Le médecin semblait essayer de déchiffrer ses pensées. Bonne chance... Ce n'est pas en fouillant dans ses yeux vides et froids qu'il y devinerait quelque chose. On dit que les yeux sont une porte ouverte sur l'âme. Les yeux de Akira étaient comme une porte grande ouverte sur... le néant.
    Cependant, tout dans sa posture indiquait clairement à Usami-san qu'il ne souhaitait pas se trouver ici et que peu lui importait ce qu'il pensait de lui.
    Sourire. Vrai ou hypocrite ?
    Silence rompu.
    « Akira... Hayaki-san... Je me suis aperçu que tu avais échappé à la visite médicale annuelle... Tu es plutôt doué dans ton genre, je me trompes ? »

    Pour une fois qu'il n'avait rien fait... Il n'avait simplement pas été convoqué. Il est vrai qu'il n'avait pas couru jusqu'à l'infirmerie pour le leur dire, mais la faute ne provenait pas de lui, cette fois-ci.
    Il ne répondit pas au médecin. Avec un peu de chance, il le penserait muet. Cela devait déjà être inscrit dans son dossier, en plus. Car jamais il n'avait adressé la parole aux médecins.
    Akira n'était pas le genre de personne qui aime s'entendre parler. Ou qui aime gaspiller sa salive.
    Et puis, il partait du principe que l'on ne pouvait rien résoudre avec les mots.
    Il ne répondit pas, ne changea même pas d'expression, ses yeux toujours dans ceux de Yoshiki, caressant l'espoir de le mettre mal à l'aise. Essayer ne coûtait rien...
    Yoshiki Usami se leva et rejoignit la table d'auscultation.
    Akira n'avait pas l'intention de de s'asseoir ou de s'allonger là-dessus.
    Nouveau sourire.
    Il était vraiment trop souriant et paraissait beaucoup trop aimable. C'était censé le mettre en confiance ? C'était flippant, surtout...
    Et nouvelles paroles.
    « Viens donc ici, ça ne prendra pas beaucoup de temps mais il faut mettre ton dossier à jour. »
    *Comptes là-dessus et bois de l'eau !*
    Rouleau déroulé, table recouverte.

    Battu jusqu'à il y a à-peine deux années, son corps s'en souvenait encore.
    Cicatrices blanches à rosées serpentaient dans son dos, sur ses flancs, son torse,...
    Certains trouvent que cela lui donnait un petit air... « sauvage ». Il n'en avait que faire.
    Il n'était pas vraiment complexé. C'est simplement que montrer ses marques à quelqu'un qu'il reverrait sûrement... Et bien, cela revenait à mettre à nu son passé peu reluisant. A se mettre à nu. Et il en était hors de question.
    Il ne voulait pas que Usami-san voit ces traces. Parce qu'il poserait sûrement des questions. Questions que Akira ne voulait pas entendre, ne les devinant que trop bien.
    Des questions sur un moment, très long, de sa vie, qu'il voulait juste oublier. Rayer de sa vie.
    Tourner la page. Mieux encore, arracher. Et la balancer au feu.

    Il tourna la tête vers la porte.
    S'enfuir en courant ? Non, mauvaise idée. La course n'était pas son fort et si Yoshiki le souhaitait, il pourrait aisément le rattraper.
    Et puis, la lâcheté n'était pas quelque chose qui le caractérisait. Il détestait fuir ou reculer devant les autres
    Il reporta son attention sur l'homme.
    Pourquoi ne pas se faire passer pour sourd en plus de muet ?
    Si l'on omettait le fait qu'il possédait son dossier médical, cela pourrait sûrement fonctionner.

    Il pouvait toujours se faire passer pour débile !
    A part que Seiteki Gakuen était une université pour élèves surdoués...
    Un tout petit hic.

    Oh et puis, le plus simple restait encore le refus.

    Il leva un sourcil qu'il voulait incrédule et tourna lentement la tête de gauche à droite.
    Comme si le seul fait de pouvoir espérer penser vouloir imaginer qu'il s'approcherait plus près de la table était vraiment très stupide.
    Puéril ? Sûrement. Mais ce n'est pas comme s'il lui avait tiré la langue...

    Il comptait bien lui ôter l'envie de sourire.
    Bonne chance avec celui-là, docteur...


Dernière édition par Akira Hayaki le Lun 12 Juil - 16:23, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Mar 13 Avr - 18:48


    Gêne qui laissa bientôt place à une certaine compréhension de la situation. Le silence imposé par l'adolescent était bien plus bruyant que celui-ci n'aurait voulu. Il y a toujours une raison au silence. Autant qu'il y a de raison à quelqu'un qui ne fait que parler sans cesse. Pourtant le regard du brun n'exprimait pour ainsi dire...rien. Absolument étrange qu'une telle sorte de regard puisse exister. Yoshiki avait croisé bien des gens dans sa vie et aucune ne lui avait paru plus en détresse que ce garçon. Qu'avait-il bien pu subir pour avoir ce genre de personnalité ?

    Akira secouait doucement la tête de gauche à droite en le regardant, aussi impassible qu'un peu plus tôt et semblait narguer en quelque sorte le médecin. Ce dernier hocha alors doucement la tête et se redressa avec son stéthoscope et le tensiomètre pour venir s'adosser contre son bureau. Il regardait toujours Akira avec un léger sourire. Qu'il le veuille ou non, il ne sortirait pas d'ici tant que son dossier ne serait pas rempli.

    « Tu peux jouer les muets si tu veux mais tu ne sortiras pas d'ici tant que je ne t'aurais pas examiné. La visite médicale est obligatoire. »


    Il n'y avait dans ses mots aucunes menaces. De simples faits qu'il jugeait utile de lui dire pour qu'aucun des deux (surtout Akira) ne se fasse réprimander pour manquement aux obligations.
    Yoshiki n'entreprenait rien. Et il ne le fera pas sans l'accord du garçon, le tout était de le convaincre et qu'il se laisse faire ce qui semblait loin...très loin d'être gagné. Quoi de plus normal après tout pour un adolescent de rejeter toute forme d'autorité quelle qu'elle fût. Yoshiki se détendait peu à peu, plus à l'aise avec la situation en s'habituant à la présence qui se voulait presque inexistante d'Akira.

    « Je peux t'examiner sur ta chaise si tu ne veux pas bouger. Montres moi ton bras... »

    Il tendit la main vers lui attendant que l'enfant daigne lui donner son bras pour qu'il prenne sa tension. Il doutait que celui-ci ne le fasse mais après tout il ne pouvait pas le violenter pour l'examiner...Encore faudrait-il trouver une remarque qui le fasse réagir, c'était sans aucun doute la clé ? En tout cas, il l'espérait.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Mar 13 Avr - 21:44

    [HJ : Désolée pour la qualité du post... C'est vraiment minable. x)]

    Apparemment le comportement qu'avait adopté Akira semblait ne pas encore déranger le médecin. Il devait être habitué aux refus d'obtempérer des élèves. Cela devait être assez courant... Il ne devait pas être le seul à ne pas aimait cela. A ne pas le vouloir. A refuser, catégoriquement.

    Et que fallait-il faire ou dire pour que ce sourire quitte ses lèvres ?!

    Agaçant. Trop calme, trop souriant, trop patient, trop aimable. Trop trop.
    Limite inquiétant, cet homme.

    Le médecin acquiesça doucement au refus de Akira, rejoignit son bureau et l'observa.
    Akira ne détourna pas le regard.

    « Tu peux jouer les muets si tu veux mais tu ne sortiras pas d'ici tant que je ne t'aurais pas examiné. La visite médicale est obligatoire. »

    Et il le savait, que Yoshiki ne faisait que son travail, rien d'autre. S'il laissait passer cela, pourquoi ne pas le faire pour les autres aussi ?
    Il le savait. Mais ce n'est pas parce qu'il sait que l'envie de coopérer lui était venue. Non, toujours pas.
    Il resterait ici, mais attendrait que Usami en ait assez et lui demande de partir.
    Si ce type pouvait finir par en avoir assez... Ce dont il doutait tout-de-même.

    « Je peux t'examiner sur ta chaise si tu ne veux pas bouger. Montres-moi ton bras. »

    Il ne s'estimait pas vaincu, apparemment.
    Mais Akira non plus. Obstination.
    Était-ce une qualité ou un défaut ? Juste un trait de sa personnalité.
    Il tendit la main, attendant que Akira lui présente son bras. Il observa le médecin. Croyait-il réellement en ce qu'il lui demandait ? Il était un peu naïf, s'il pensait que Akira allait lui tendre la main en souriant...

    Il finit par abandonner son mutisme. De toute façon, Yoshiki n'y croyait pas donc cela ne servait à rien de continuer.

    « Falsifiez mon dossier. Je ne vous laisserais pas m'examiner. »

    Les premiers mots qu'il lui adressa. D'une voix dure et froide, inflexible, implacable. Aucune sympathie dans son ton. Pas irrespectueux pourtant, ni menaçant. Sans intonations ni émotions. Sa voix, le reflet de ce que n'exprimaient pas non plus ses yeux.
    Bon départ entre eux deux... Ce n'est pas cela qui allait sceller leur amitié, c'était clair comme de l'eau de roche.
    Et il croisa ses bras sur sa poitrine, histoire d'appuyer ses dires.
    Ses yeux cherchaient à faire fléchir l'homme, ou tout du moins sa volonté. Même si le médecin était plus imposant que lui.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Mar 13 Avr - 23:00


    « Falsifiez mon dossier. Je ne vous laisserais pas m'examiner. »

    C'était ses premiers mots. Les premiers qu'il entendait de sa part. Quand il l'avait aperçu dans le couloir, quand il était arrivé et qu'il s'était assis. Jamais il n'aurait pensé qu'il aurait une voix comme ça. A première vue, Akira était de ceux qui refusait pour refuser, qui s'énervait pour s'énerver et qui criait pour crier. Mais sa voix dénotait tout autre chose. De la souffrance ?...peut-être. En tout cas, il semblait avoir perdu toute envie de vivre, de rire, ou quoi que ce soit d'humain et de social. Étrange pour un adolescent. Son attitude passive, froide et absente en était presque choquante et cela éveillait la curiosité de Yoshiki. Les bras de l'adolescent se croisèrent en signe de refus de communiquer. Cela risquait d'être difficile mais même s'il savait qu'il fallait prendre des pincettes, l'examen médical était toujours obligatoire.

    « Akiran san, tu seras bien obligé. Et je n'ai pas envie de perdre mon temps. Alors soit tu coopères et ça ne dure que quelques minutes, soit tu t'entêtes et ça peut prendre beaucoup de temps... »

    Quelle que soit sa réponse, elle devait être positive...même si elle était négative. Il sera de parler plus tard pour lui poser des questions sur passé. Son dossier était très succin sur le sujet, beaucoup trop succin pour apaiser la curiosité de Yoshiki. Sa curiosité n'était pas forcément malsaine, mais de toute l'université, Akira était un des seuls à se comporter de façon aussi réservée et introvertie. La raison était forcément grave et ce n'était pas en le gardant pour lui qu'Akira arriverait à surmonter la situation. Il pouvait très bien l'envoyer chez un des meilleurs psychologues de la ville mais il se doutait que vu le spécimen ce serait la pire des idées. Non...peut-être que le mieux était d'acquérir sa confiance. Seulement, pour ça il fallait au préalable qu'il l'examine...de gré ou de force. Le reste viendrait plus tard. Après tout, il ne faisait que son métier.

    « Ne fais pas l'idiot Akira. »

    Il inspira doucement et s'approcha pour prendre le poignet de l'adolescent. Il était de passer à l'examen. En attrapant son poignet, il remonta sa manche et son regard tomba sur quelques marques, et ce n'était pas des bleus. Un enfant battu ?...Alors c'était ça la raison ?...Il leva les yeux vers le brun, l'interrogeant du regard.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Mer 14 Avr - 13:33

    « Akira-san, tu seras bien obligé. Et je n'ai pas envie de perdre mon temps. Alors soit tu coopères et ça ne dure que quelques minutes, soit tu t'entêtes et ça peut durer beaucoup de temps... »

    Retour du mutisme, œillère meurtrière en direction du médecin.
    Obligé ? Obligé ? Vraiment ? Et par quoi ? Par qui ? On l'avait déjà obligé à faire tellement de choses dans sa courte -mais déjà bien trop longue- vie, qu'il prenait à-présent un malin plaisir à faire l'exact opposé de ce qu'on lui demandait. Esprit de contradiction. Vengeance sur son passé, aussi, en quelque sorte.
    Et, honnêtement, qui faisait perdre son temps à l'autre ? S'il n'avait pas pris l'envie à Yoshiki de jeter un coup d'œil dans ses dossiers et de remarquer que jamais Akira n'avait été examiné, ils n'en seraient pas là et personne ne perdrait son temps. Tout ça, c'était à-cause de lui. Qu'il assume son professionnalisme jusqu'au bout.
    Coopérer ou s'entêter ? Choix difficile... Bien sûr qu'il pouvait coopérer. S'il n'avait rien à cacher. La réponse était parfaitement nette, simple et claire dans son esprit. « Continuer à s'entêter », comme il disait. Et tant pis pour la perte de temps occasionnée dans les deux parties. Ça prendra le temps que ça prendra.
    « Ne fais pas l'idiot Akira. »

    Toujours pas de réaction de la part de l'élève. Usami pourrait tout aussi bien parler tout seul ou faire la conversation à un mort, que ce serait pareil. Pas plus de réaction. Ou en tout cas, pas moins.
    Et puis, il osait l'insulter d'idiot ? C'était peut-être implicite, mais c'était bien ce que cela voulait dire.
    Est-ce que cela signifiait qu'il commençait à perdre patiente et que, bientôt, Akira serait libre ? Libre. Un bien grand mot, et pourtant...
    Il entendit l'homme prendre une inspiration qui ressemblait étrangement à un soupir. Finalement, peut-être qu'il s'impatienterait plus rapidement que Akira...
    Le médecin approcha l'élève à une allure censée le rassurer et s'accroupit devant lui.
    Akira baissa les yeux, pour ne pas perdre son regard. Il s'attendait à ce qu'il réessaye de le mettre en confiance, à ce qu'il lui explique encore une fois le pourquoi du comment, ou encore à ce qu'il se contente de sourire et lui parle d'autre chose.
    Peu importe ce qu'il pensait...
    Puisque ce n'est en aucun cas ce que Yoshiki fit.
    Il saisit son poignet et remonta la manche de sa chemise sur son bras. Akira n'avait pas eu le temps de l'en empêcher.
    Il avait retourné son poignet avec une telle force ! S'il n'avait pas une entorse, il pourrait s'estimer heureux.
    Mais de cela seulement.

    Plusieurs marques s'étalaient sur son avant-bras, vestiges de coups reçus.
    Yoshiki n'aurait pas pu se méprendre. Cela ne ressemblait pas aux cicatrices laissées pas de l'automutilation, même si c'était pratique courant chez les adolescents.
    Ces traces avaient été laissées par des coups de ceinture. Lorsque son père en avait envie, souvent sans raisons particulières, il le frappait avec sa ceinture. Akira essayait de se protéger avec ses bras.
    Stupides réflexes.
    Et juste au-dessus d'une belle marque blanche, la trace d'une brûlure de cigarette. Merci très cher frère...

    Le médecin releva les yeux vers lui et l'interrogea du regard. C'est tout ce que Akira eut le temps de noter avant de se relever brusquement. La chaise émît un bruit qui semblait sourd aux oreilles de Akira en tombant sur le sol.
    Sa réaction manqua de faire tomber l'autre homme.
    Il s'écarta du médecin, rabattit rageusement sa manche noire sur son bras mutilé, et, parlant plus pour lui-même que pour Yoshiki, il cracha, tout en fixant le vide :
    « Blessé par la vie... »

    Comme si cela expliqué tout.
    Étrange façon de voir les choses...
    Pour la première fois, il laissa un sentiment transparaître dans sa voix, un sentiment tellement intense qu'elle éclipsa pendant un moment tout le reste. La rage, la haine.
    Et il rit. Un de ces rires sans joie qui font froids dans le dos.
    Puis, rapidement, il se reprit.
    Contrôla sa voix, retrouva son calme. Extérieurement, tout du moins.
    Il accrocha les yeux du médecin et parla.
    « Ne m'approchez pas, ne me touchez pas. Ou vous vous en souviendrez. »

    Mise en garde calme et posée dans laquelle la menace était palpable.
    Menace que le médecin ferait mieux de prendre en compte. Pour son bien.
    Camarade ou supérieur, Akira ne ferait pas la différence cette fois-ci.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Ven 16 Avr - 20:10


    La réaction ne s'était pas faite attendre. Yoshiki avait juste eu le temps de se rendre compte que les marques de lacérations et de brûlures sur l'avant bras d'Akira que déjà celui-ci avait sauté en arrière renversant sa chaise dans un grand fracas. Le médecin avait plissé les yeux ayant du mal à supporter les bruits violents. Il avait à peine eu le temps de se rendre compte que l'adolescent était effrayé en fait. Tout s'était passé en quelques secondes.

    Il finit par relever les yeux vers le regard apeuré d'Akira. Mais était-ce vraiment de la peur ? Ou bien de la honte ? Yoshiki était bien incapable de mettre le doigt dessus en cet instant. Il se rendait compte qu'il ne savait absolument rien sur cet adolescent et que les dossiers médicaux ne permettaient en aucun cas de connaître quelqu'un. C'est pourtant ce qu'il avait longtemps cru, à tort. Il ne savait d'ailleurs pas quoi dire pour le moment. Le temps de se remettre de ce qui venait de se passer bien que le plus choqué devait être Akira vu sa réaction. Il se mordit alors légèrement la lèvre et se redressa pour s'approcher à nouveau de son patient.

    « Ne m'approchez pas, ne me touchez pas. Ou vous vous en souviendrez. »

    « Si tu as peur que je parle de ça aux gens, il ne faut pas t'inquiéter. Je suis tenu par le secret professionnel...et même, je n'ai pas de raison de dévoiler ça. »


    Et c'était bien la vérité. Un passé comme celui qui résidait sur le bras d'Akira ne pouvait pas être divulgué à la légère. Cela ne regardait de toute façon personne. Absolument personne. Et Yoshiki pouvait l'aider à prendre sur lui et accepter ces marques. Peut-être ?...Il aimerait bien. Il approcha une nouvelle fois transgressant la menace de l'adolescent qu'il ne pensait pas sérieuse et tendit une main vers lui pour le prendre par l'épaule et l'amener à la table d'auscultation. Ils pourraient parler et l'ausculter en même temps. Il ne le brusquerait pas de toute façon, le garçon avait été assez brusqué dans sa vie jusqu'à présent pensait-il. En baver...ok. Être battu, c'était quelque chose de différent. Foncièrement différent. Bien plus profond que n'importe quelle autre cicatrice. Yoshiki pourrait l'aider. Il en était persuadé rien qu'en regardant les yeux vides et froids d'Akira.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Sam 17 Avr - 0:08

    [HJ : Alors, ce concert ? ^^]

    « Si tu as peur que je parle de ça aux gens, il ne faut pas t'inquiéter. Je suis tenu par le secret professionnel... et même, je n'ai pas de raison de dévoiler ça. »

    Vrai. Peut-être, mais Akira ne voulait rien entendre. Il était... dégouté. Oui, dégouté était plus ou moins le bon mot. Dégouté de son passé, de son père et de son frère. De lui, aussi. Tout autant si ce n'est pas plus. Alors qu'il n'avait rien à se reprocher. Rien du tout. Était-ce de sa faute s'il avait hérité de traits plus féminins que son frère jumeau ? Non. Était-ce de sa faute si son père et son frère étaient des enfoirés finis ? Non, non plus. Il n'y était absolument pour rien. Il fallait juste qu'il le comprenne... Et têtu comme il l'était, c'était loin, très loin, d'être gagné. Il resterait sûrement campé sur ses positions, quoi qu'on lui dise. Quoi qu'on veuille lui faire croire. Peu importait. Il resterait sûrement persuadé d'être plus coupable que victime.
    Mais le fait que le médecin dise « ça », en parlant des traces de coups, le fit sourire. Pas un de ses vrais sourires. Ceux-là n'étaient que bien trop rares. Mais plutôt un sourire à l'image de son précédent rire. Faux et sans joie.
    Et avec tout cela, toujours pas de réponses de la part du jeune-homme.
    L'autre homme ne pris pas sa mise en garde au sérieux. Très mauvaise idée pour lui... Pourquoi l'ignorait-il ? La menace n'était-elle pas assez claire dans ses paroles, pas assez palpable ? Tant pis pour lui, dans ce cas-là. Il ne répondrait plus de rien, à-présent. Ni de ses propos ni de ses actes. Il avait fait ce qu'il avait à faire, il avait déjà été assez gentil de le prévenir de ses intentions, avant de les mettre en pratique, si jamais il s'approchait trop près ou tentait quelque chose qui lui déplaisait, il réagirait. Peut-être excessivement, il est vrai, mais Akira avait pour défaut -dans ce cas de figure- de ne pas faire les choses seulement à moitié.
    Lorsque Akira croisa le regard de Yoshiki, il su qu'il ne s'arrêterait pas aux mots qu'il avait proférés.
    Il le vit s'approcher de lui. Tendit une main pour le prendre par son épaule. Il n'en résultat sûrement pas ce à quoi le médecin s'était attendu en amorçant ce geste.
    Le poing de Akira percuta la pommette de Usami dans un mouvement plus guidé par la colère qu'autre chose. Un automatisme aussi. Et le fait de ne pas avoir été pris au sérieux y jouait sûrement également... Il n'aimait pas être ignoré, ni que l'on ignore ses dires.
    Mais, évidemment, puisque rien depuis le matin même ne semblait vouloir fonctionner comme lui le voulait... Aïe ! Il n'avait pas seulement blessé le médecin. Sa main lui faisait aussi étrangement mal. Guidé par un autre automatisme, il enferma son poing meurtri dans sa main valide. Mais il ne laissa échapper aucune plainte, se contentant de serrer les dents et d'observer le médecin. D'observer sa réaction. Après tout, il n'aurait jamais dû lever la main sur lui. Il n'avait rien fait de mal. Il ne lui avait rien fait de mal. Au contraire, il cherchait juste à l'aider...
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Sam 17 Avr - 19:51


    Un pas de trop. Un geste de trop. Yoshiki n'aurait jamais dû prendre la menace d'Akira à la légère. Pourquoi l'avait-il fait d'ailleurs ? Se sentait-il supérieur ? Plus heureux ? Avait-il pitié ? Rien à faire, toutes ces excuses n'en étaient pas vraiment, et si elles en étaient elle étaient de toute évidence médiocre et complètement futiles. A cet instant, Akira avait de l'air, de loin, le plus mature des deux hommes dans la salle. Homme ?...oui, l'adolescent avait l'air d'un véritable homme. Blessé par la vie comme il avait dit, obligé à grandir trop vite pour son âge et Yoshiki se sentait soudain bien petit face à lui. L'impression était étrange. Mais c'était mérité. Il avait sans aucun doute mérité ce coup violent à la pommette.

    Car en effet, il était survenu d'un seul coup. Il ne s'y était pas attendu. Il avait seulement voulu rassurer Akira comme on le ferait avec un jeune adolescent. En général, même les plus réticents se laissaient faire lorsqu'on venait s'intéresser à eux. Mais là...surprise. Le poing du brun s'était fermé sans qu'il n'y fasse attention et s'était vivement abattu sur son visage. Le coup résonna dans la petite pièce, bureau du médecin. Et sous le choc, ce dernier perdit l'équilibre et tomba contre le mur sur lequel il resta un moment, sonné. Il porta la main à sa pommette, encore en état de choc, le regard posé sur Akira. Il finit par regarder ses doigts pour vérifier qu'il ne saignait pas et que l'os n'était pas cassé. Non tout semblait aller bien, hormis dans sa tête. Il aurait simplement une belle trace pendant plusieurs jours et il devrait certainement mentir quant à son origine pour ne pas attirer des ennuis à l'adolescent.

    Il finit par le regarder à nouveau...

    « Excuses moi...je ne voulais pas...te faire de mal ou...quoi que ce soit. »

    Son regard se posa sur son poing qu'il maintenait dans son autre main. Le coup avait été si violent qu'il avait du se faire mal. De la pommade et un bandage... Toujours sonné, Yoshiki se redressa, bougeant légèrement sa joue sous la douleur lancinant qui risquait de durer un peu et il se dirigea vers la pharmacie. Il en sortit une pommade et un bandage et le déposa sur la table d'auscultation avant de s'éloigner un peu. Il fit un signe dans la direction des produits et regarda à nouveau Akira.

    « Tu ne veux pas que je te touches...mais il faut bien te soigner... »

    Il sourit un peu avant de grimacer, la douleur lui rappelant que ses expressions faciales devraient aussi être contrôlées à partir de maintenant. Il hocha alors légèrement la tête en guise de promesse au brun qu'il ne bougerait pas, qu'il ne s'approcherait pas et qu'il ne l'agresserait pas.
    La morale ? Lui dire que la violence physique n'était pas une solution ? Il doutait qu'Akira y accorde de l'importance et même plus si quelqu'un le lui disait. Yoshiki avait presque la certitude qu'il était capable de déceler le bien du mal. Il n'avait pas besoin d'un adulte moralisateur. Ce dont il avait besoin, c'était quelqu'un qui le comprenne et en qui il puisse avoir confiance. Yoshiki aurait bien aimé pouvoir jouer ce rôle. Encore fallait-il que le brun arrive à lui faire confiance...un minimum.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Dim 18 Avr - 13:36

    Sous la violence du coup, le médecin tomba contre le mur sur lequel il resta adossé un petit moment.
    Au bout d'un certain temps il regarda à nouveau Akira.
    « Excuses moi... Je ne voulais pas... te faire de mal ou... quoi que ce soit. »

    C'était le monde à l'envers... Pourquoi s'excusait-il ?! Lui il n'avait rien à se reprocher. Enfin, presque rien si ce n'est le fait de ne pas l'avoir écouté. L'adolescent ne plaisantait que rarement. La plupart du temps, il ne fallait pas douter de ses paroles. Mais Akira n'avait pas à réagir comme cela, il n'avait aucune excuse. Il aurait tout aussi bien pu se détourner de lui et quitter l'infirmerie. Mais non, bien sûr que non. Cela aurait été trop simple...
    Impulsif, il avait réagit sans réfléchir. Et maintenant... Et bien, maintenant, il s'en voulait. Et pas seulement parce qu'il s'était aussi fait mal à la main. Cela pouvait passer au second plan.
    Non, il s'en voulait parce que maintenant qu'il réfléchissait il se rendait compte que cet homme avait juste voulu être gentil avec lui, qu'il avait juste voulu l'aider. Rien d'autre...
    Akira savait faire la part des choses et n'était pas de mauvaise foie. S'il était en tort, il le reconnaissait aisément. Et c'était le cas, là.
    Il vit Yoshiki se lever et aller vers la pharmacie pour en ressortir de la pommade et un bandage qu'il déposa sur la table d'auscultation.
    « Tu ne veux pas que je te touches... mais il faut bien te soigner... »

    Mais ce n'est pas vrai ! Même là il se préoccupait plus d'Akira que de lui-même... Alors que des deux, il était quand même le moins amoché.
    Yoshiki lui souria. Essaya... Esquissa une grimace. Il hocha finalement la tête, promesse muette faite à Akira.
    Ce dernier leva les yeux au ciel et soupira. S'excuser ? Non... Pas tout de suite en tout cas. Lui faire comprendre qu'il était désolé ? Oui. Mais comment ? Akira n'était pas quelqu'un de très expressif.

    Sa colère s'était dissipé et il ne tremblait plus de rage, de honte. Il était redevenu calme. Certes toujours aussi froid, mais réellement calme, à-présent.
    Il s'était... « défoulé ». Et malgré tout, cela lui avait été plus ou moins bénéfique.

    Il observa le médecin. Et il prit enfin la parole, d'une voix sans intonation, blanche.
    « Vous êtes vraiment stupide... »

    Oui. Il est vrai qu'Akira ne commençait jamais ses phrases d'une façon avenante... Mais il les commençaient. N'était-ce pas là le principal ?
    Lui dire qu'il était stupide n'était pas vraiment la meilleure des choses à faire... Mais c'était un fait. Il était stupide parce que trop gentil, stupide de ne pas l'avoir cru, stupide de s'occuper encore de lui.
    Et le fait qu'il soit trop gentil n'était pas un compliment de la part d'Akira. Au contraire.

    Il était désolé de l'avoir frappé. Mais ne regrettait pas, pourtant.
    Contradictoire sans l'être réellement.

    Il fixa son regard sur le visage de l'homme. Pourquoi ne mettait-il rien sur sa pommette ? Pommade ou glaçons ?
    « Vous feriez mieux de vous occuper de vous. »
    Un défaut qu'Akira ne possédait pas : l'égocentrisme.
    Il ne s'intéressait que rarement aux autres, mais quand c'était le cas, il n'était plus le centre de ses préoccupations.

    Akira se dirigea vers la table d'auscultation et s'y assit. Et dire qu'ils en étaient là parce qu'il avait refusé de le faire auparavant...
    Il prit le bandage et la pommade dans sa main valide, puis, s'allongea. Posa ce qu'il avait dans la main sur son ventre.
    Il ferma les yeux.

    Il se comportait bizarrement. Toujours.
    Imprévisible. C'était une des choses qui faisait de lui quelqu'un d'intéressant.


Dernière édition par Akira Hayaki le Lun 19 Avr - 1:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Dim 18 Avr - 20:44


    Akira avait levé les yeux au ciel. Se fichait-il tant que ça de sa blessure ? N'était-il pas content que le médecin le laisse tranquille pour qu'il s'occupe de lui-même seul ?...Décidément ce jeune homme était vraiment étrange dans ses réactions. Yoshiki n'était plus certain de comprendre...à moins que le brun ne commence déjà...un peu ? À lui faire confiance. Un peu seulement alors car ce n'était pas le genre de personne à l'accorder aussi facilement et subitement à quelqu'un qui avait ''dérogé'' aux règles. Et c'était bien ce que Yoshiki avait fait. Il le savait pertinemment maintenant qu'il en portait la marque sur le visage. Inconsciemment, il passa une nouvelle fois deux doigts à l'endroit de la douleur. Il ne voyait rien mais il pouvait sentir la bosse et l'éraflure que la peau avait subit. Un peu de désinfectant et seul le temps pourrait soigner ça. Il doutait avoir besoin de points de sutures puisqu'il ne saignait pas.

    « Vous êtes vraiment stupide... »

    Une parole. C'était déjà ça n'est-ce pas ? Après tout, Akira avait si peu parlé depuis qu'il était entré dans ce bureau que ce simple début de phrase, même si c'était une insulte, il ne s'en formalisait pas et appréciait même. Yoshiki sourit légèrement, peut-être Akira avait-il raison de toute façon. N'importe quel autre adulte aurait pris l'adolescent par le col pour l'amener illico presto dans le bureau du directeur. Mais à quoi bon ? Une réaction comme celle-là ne servirait pas le brun qui se renfermerait encore plus sur lui-même qu'il ne l'était déjà.

    « Vous feriez mieux de vous occuper de vous. »

    Yoshiki eut à nouveau un léger sourire. Il n'y avait pas grand chose à faire pour sa pommette et puis ce n'était pas urgent, lui, il avait tout sous la main pour se soigner quand il le voudrait. Il doutait par contre que Akira possède une pharmacie digne de ce nom dans son dortoir. Mais ce dernier ne se fit pas prier par le médecin, il en fut rassuré, car l'adolescent s'approcha de la table et attrapa ce qu'il y avait laissé avant de s'asseoir. La suite fut par contre un peu plus troublante... Il s'allongea et posa la pommade et la bande sur son ventre. Cela ne pouvait dire qu'une seule chose certes. Il allait se laisser soigner par Yoshiki. Ce dernier se redressa pour le regarder avant de s'approcher de lui une nouvelle fois. Il n'y avait pas eu de menace cette fois, car la prochaine fois, il ne les prendrait pas à la légère. Il prit la pommade dans sa main qu'il passa dans l'autre en regardant le brun.

    « Je peux m'en occuper tout à l'heure...mais je suppose que toi tu n'as pas très envie de t'attarder ici... »

    Il ouvrit alors le tube et prit sa main pour y passer la crème. Il massa les articulations meurtries du poings jusqu'à ce qu'elle pénètre avant d'enrouler autours le bandage plus lâche que celui pour les entorse. Pour un hématome comme le sien, c'était la chaleur qu'il fallait et non le repos et l'immobilisation.

    « Je peux te poser une question Akira ? »


    Peut-être que l'adolescent ne voudrait pas. Alors pour ne pas paraître brutal il préférait d'abord lui demander la permission. Pourquoi un tel comportement ? Pourquoi autant de méfiance surtout ? Avait-il aussi honte de ses cicatrices pour avoir réagis de façon aussi violente ? Où était-ce simplement un état de rébellion...même s'il doutait de cette dernière hypothèse. L'adolescent...ce dont il était certain c'est qu'il ne l'était plus vraiment. Mais pourquoi ?...
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Dim 18 Avr - 22:44

    Yoshiki esquissa un léger sourire. Il ne pouvait guère faire beaucoup plus. Grâce à Akira...
    Ce dernier ne connaissait personne qui aurait réagit comme lui. Aussi posément. Aucune trace de rage, de haine, ou autre, dans ses yeux ou incrustée dans les traits de son visage.
    Akira était même étonné d'être encore dans cette pièce. Dans la logique des choses, il aurait dû être traîné de gré ou de force dans le bureau du directeur.
    Il n'était pas le seul à réagir étrangement, on dirait bien...

    Nouvelle ombre de sourire sur les lèvres fines du médecin.

    Les yeux toujours fermés, il entendit le médecin s'approcher de lui. Il réouvrit les yeux lorsqu'il le sentit prendre le tube de pommade sur son ventre et ses yeux sombres s'ancrèrent dans les siens.
    « Je peux m'en occuper tout à l'heure... mais je suppose que toi tu n'as pas très envie de t'attarder ici... »

    Il n'avait pas tout à fait tord. Mais, le fait d'être ici ne le dérangeait plus autant que quelques temps auparavant. Il s'y sentait mieux. Maintenant qu'il n'avait plus rien à lui cacher... Il n'avait plus aucune raison de refuser sa proximité. Enfin, avec certaines limites, tout de même. Il préférait la distance, la solitude bienfaisante à la proximité étouffante et écrasante des gens.
    Il ne répondit pas, observant les gestes précis et mille fois répété que le médecin remettait encore une fois en pratique.
    Il massa doucement sa main avant de l'enrouler dans un bandage lâche.
    Si Akira avait été à sa place, et bien... tout d'abord il n'aurait pas approché l'adolescent qui l'avait mis en garde, mais ensuite il ne l'aurait sûrement pas soigné ! Et puis quoi encore ? Cela revenait à tendre l'autre joue. Il en aurait été hors de question pour le jeune-homme.

    « Je peux te poser une question Akira ? »

    Cette question demandant l'autorisation pour en poser une autre, brisa le silence reposant, et non pesant comme celui qui emplissait la pièce quelques temps auparavant, qui régnait dans l'infirmerie.
    C'est ce qu'il venait de faire... Mais il pouvait recommencer, s'il le souhaitait. De toute façon, maintenant, au point où ils en étaient...
    « Je ne vous promets pas d'y répondre. »

    Sa voix avait retrouvée toute son assurance.
    Il esquissa lui aussi un sourire.
    Il devinait très -trop ?- bien le sujet de cette question. Son passé, sûrement. L'origine de ces marques, tout aussi sûrement.
    Mais la question que le médecin devait se poser était s'il y répondrait.
    Il en avait lui-même aucune idée... Peut-être. Peut-être que non. Cela dépendrait de la manière dont la question sera posée.
    Il verrait bien.
    Il souhaitait juste que rien ne soit dit à personne. Personne. Et que rien ne soit consigné nulle part, aussi. Il en demandait sûrement trop. Mais cela était important pour lui. Il n'était pas à l'aise avec cela. Yoshiki avait pu le remarquer. En faire les frais, même.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Lun 19 Avr - 20:12


    ''Je ne vous promets pas d'y répondre''...Yoshiki acquiesça légèrement la tête. A vrai dire, il n'en demandait pas autant de la part du jeune homme. Il avait seulement le besoin, un besoin étrange, de poser ses questions à l'oral. Qu'elles soient dans le vent ou pas... Il était certain que d'y répondre soulagerait Akira mais ce dernier était le seul maître de ce qu'il pouvait faire et ce ne serait certainement pas Yoshiki qui le contraindrait à parler s'il n'en avait pas envie. Yoshiki n'était pas un psychologue, encore moins un psychiatre. Les gens, quand ils lui parlaient c'est qu'ils le voulaient. Bien entendu, il en était heureux, c'était une grosse preuve de confiance surtout de la part d'un patient. Mais la situation semblait à la fois similaire et différente. Akira était techniquement son patient mais la curiosité qui animait Yoshiki n'avait rien de celle qui anime un médecin. Et il ne voulait pas que le jeune homme se méprenne sur ses intentions.

    « Tes réactions...tes gestes...tu as l'air bien plus mature que ton âge...je me demandais si c'était dû à ces marques... »

    Il leva les yeux vers lui en lui rendant son poignet. La pièce était close et les mots qui se trouveraient dedans y resteraient. D'une part, c'était le secret professionnel. D'autre part, c'était du respect. Les gens n'avaient pas besoin de connaître ce qu'Akira cachait avec ardeur depuis son entrée ici certainement. Il se détourna pour prendre le dossier sur le bureau et le regarda un moment, tant pis pour l'auscultation, il lui faudrait mentir. De toute évidence l'adolescent se portait bien physiquement alors il n'était pas besoin d'insister la-dessus. Il le rangea donc dans l'armoire à dossiers. Plus rien ne serait inscrit dans le sien pour le moment. En tout cas rien qui n'ait trait à sa santé physique.

    « Je crois que nous n'avons plus besoin de ça... »

    Il revint vers lui pour se rapprocher. Maintenant, tout était entre les mains du brun. Sa confiance ? L'accorderait-il à quelqu'un ? Serait-ce le médecin ? En cet instant, la tension qu'il éprouvait en regardant le brun lui était totalement inconnue et pourtant, dans cet espace-temps qui lui semblait complètement irréel, il aurait pu vendre sa vie pour avoir cette confiance. Étrange de penser ainsi, heureusement qu'il n'en était pas conscient lui-même sinon il se serait prit pour un faible qu'il n'était pas...enfin...pas vraiment. Si ?

    D'habitude lorsqu'il croisait un homme, son statut social, son âge, sa taille et sa confiance en lui faisait le reste. S'il allait vers lui, la relation s'établissait hiérarchiquement. Et Yoshiki était toujours au dessus. Dans n'importe quelle situation, ne serait-ce qu'une discussion, son savoir était là pour montrer qu'il était au dessus. Il ne profitait pas vraiment de ce statut de supériorité, les choses se faisaient inévitablement comme cela à chaque fois et il n'y prêtait plus attention depuis longtemps. Pourtant là...cette impression étrange...était sans aucun doute dû à ce chamboulement dans la hiérarchie naturelle dans laquelle il se trouvait en temps normal. Vraiment très étrange pour un adolescent.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Mer 21 Avr - 20:40

    « Tes réactions... tes gestes... tu as l'air bien plus mature que ton âge... je me demandais si c'était dû à ces marques... »

    Ça, ce n'était pas vraiment une question...
    Yoshiki lui rendit son bras.
    Il se redressa, fit face au médecin, ramenant tout contre lui sa main endolorie pour ne pas s'en servir. Il préférait lui répondre en le regardant dans les yeux et non en restant allongé, pouvant ainsi éviter facilement son regard, sans réellement le vouloir.
    Avant qu'Akira ne lui réponde, il le vit se diriger vers la table, prendre le dossier avec son nom sur la couverture et le ranger dans une armoire.
    « Je crois que nous n'avons plus besoin de ça... »

    Il ne le remercia pas de vive voix. Il se contenta d'incliner légèrement la tête, espérant qu'il comprenne le message.

    Il allait répondre à sa « question ». Parce qu'il lui devait bien ça. Ils seraient quitte après cela, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ?
    « En partie, je suppose. Ça a contribué à faire de moi ce que je suis aujourd'hui. »

    Lui avoua-t-il. Et il haussa les épaules.
    Il ne doutait pas que son passé avait aidé à construire son futur. Mais tout le monde aurait pu répondre ça à cette question. C'était tellement simple... Tellement habituel, banal. Une réponse toute faite, en somme.
    Et puis, il se doutait bien que ce qui intéressait le médecin n'était pas vraiment le fait de savoir s'il y avait un rapport entre son attitude et ces marques sur son bras. Sur ses bras. Sur son corps. Sur son âme...
    Non. Curieux, voilà tout. Il voulait sûrement plus savoir l'origine de cela que ce que cela avait engendré.
    Cette curiosité, il la comprenait...
    « Mais je sais que ce n'est pas réellement ça, qui vous intéresse. N'est-ce pas ? »

    Lui demanda-t-il, un sourire en coin ornant son visage pâle.
    « Posez des questions claires et directes, si vous voulez avoir des réponses qui le soient un minimum, elles aussi.»

    Il observa sa main bandée, essaye de faire bouger ses doigts dans le bandage lâche du médecin, y renonça lorsqu'il senti une douleur fulgurante traverser ses doigts, sa main et son poignet.
    « J'y répondrais... »

    Annonça-t-il avant de replonger ses yeux dans les siens.
    Il avait hésité.
    Presque pas, certes.
    Mais il avait hésité tout de même...
    Avant de lui affirmer qu'il y répondrait, à ses questions.
    Maintenant il ne pourrait plus faire machine arrière. Il ne revenait pas sur ses propres propos.
    Il avait hésité un bref instant, mais pourtant il ne s'était pas forcé. Il y répondrait honnêtement. Peut-être pas le plus clairement possible, cependant. Il devrait peut-être essayer de décoder certaines des répliques de l'étudiant qui n'avait nullement l'intention de rendre tout cela trop simple pour son ainé. Il n'avait pas l'intention de lui laisser deviner son passé, son histoire, aussi facilement. S'il ne subsistait plus aucun mystère, alors... il n'y aurait plus rien pour le rendre intéressant, non ?

    Cet entretien prenait un tournant qu'Akira n'appréciait pas tellement. Cette visite, et cet homme l'obligeaient à se rappeler de choses... difficiles. Vraiment difficiles. Trop difficiles.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Ven 23 Avr - 15:39


    « En partie, je suppose. Ça a contribué à faire de moi ce que je suis aujourd'hui. »

    Alors qu'il se retournait, Yoshiki le vit hausser les épaules. En effet, sa question avait été légèrement stupide mais il n'avait pas su comment l'amener. Il n'avait pas l'habitude de faire face à ce genre de personne aussi distante. Les gens qu'il avait fréquenté jusqu'à présent n'avaient été que médecins hypocrites, personnel hospitalier plus ou moins agréable et sympathique et ces dernières années, pendant sa décadence, des gens bien trop extravertis pour être aussi froids et renfermé que le brun ne l'était. Bizarre. Même à son âge, 34 ans. Il apprenait encore des choses de la vie et aussi incroyable que cela pouvait paraître, c'était un étudiant qui le lui faisait prendre conscience. Il se rendait compte que malgré les quelques blessures qu'il avait, ce n'était rien en comparaison de certaines autres. Sa femme ?...Enfin ex-femme...c'était peut-être la plus hypocrite mais mise à part ça et l'incompréhension de son père face à son homosexualité, que connaissait-il vraiment des problèmes qui survenaient dans une vie ? Tout lui avait sourit excepté ces deux obstacles ci. Il avait eu de l'argent, des amis, l'amour de ses parents jusqu'à très tard dans sa vie. Peut-être était-il encore un de ces adolescents attardés dont il se moquait ?...Non. Bien sûr, il n'était plus à ce stade là. Seulement voilà, il avait trouvé plus ''véritable'' que lui.

    « Mais je sais que ce n'est pas réellement ça, qui vous intéresse. N'est-ce pas ?
    Posez des questions claires et directes, si vous voulez avoir des réponses qui le soient un minimum, elles aussi.
    J'y répondrais... »


    Un léger sourire. Le médecin releva les yeux vers Akira, un sourire en coin à ses lèvres alors que l'adolescent semblait se préoccuper de son poignet meurtri. Malgré sa prise de conscience, Yoshiki n'avait pas pour habitude de nier ses erreurs lorsqu'il en faisait et Akira le mettait ici devant le fait accompli. Essayer de prétendre à la pertinence de sa question était peine perdue. Ce n'était même pas la peine de l'envisager. Comme le lui suggérait le brun, il lui fallait parler simplement, clairement. Sans tourner autours du pot puisqu'il n'aimait pas ça. Après tout, c'était louable et Yoshiki ne détestait pas l'idée. La plupart des gens aimaient la diplomatie mais il n'était pas la peine de prendre cet adolescent avec des pincettes. Tout simplement parce-qu'il ne le voulait pas. Soit, Yoshiki serait désormais plus direct avec lui, si c'était ce qu'il souhaitait. Peut-être aussi que comme ça, il apprendrait un peu plus de la vie. En tout cas, il essayerait de la comprendre.

    « Les gens, en général, préfèrent qu'on leur pose des questions détournées...ils appellent ça le tact. Même si au final ça ne sert qu'à enrober les choses difficiles. » Il sourit légèrement à Akira et enchaîna. « Tu es vraiment différent... »

    Le médecin prit un temps de pause, réfléchissant à ses paroles en s'approchant de nouveau de son bureau pour s'y adosser. Il lança un regard à Akira, à nouveau. Allait-il s'enfuir en courant s'il engageait la conversation sur un sujet difficile pour lui ? Après tout, il était un peu comme un animal sauvage difficile à apprivoiser et la pire des erreurs serait de le faire fuir car toute tentative de rapprochement serait obsolète après ça. Yoshiki finit quand même par se décider. Akira lui avait dit lui-même de poser ses questions et qu'il y répondrait. Il avait eu une hésitation mais il l'avait tout de même dit et il ne semblait pas être quelqu'un qui revenait sur sa parole.

    « Tes cicatrices, tu as subit des sévices corporels, je me trompe ? C'était ton père ? »

    En vérité, il se doutait déjà de la réponse. Dans 85% des cas, lorsqu'un enfant été battu, cela provenait du père. Une vengeance quant à l'enfant qui n'était pas celui qu'il désirait vraiment ? Ou simplement de la folie. Étant père lui même. Même s'il ne remplissait pas son devoir à la perfection, il n'accomplirait jamais un tel acte. C'était peut-être la chose la plus incompréhensible dans son esprit. Comment frapper son propre enfant ? Sa propre chair ?...Impossible. Quelle souffrance ce dernier devait subir à être rejeté par la personne dont on résultait ? Yoshiki détourna les yeux un moment pour se reprendre. La colère avait commencé à parcourir ses veines dès le moment où il avait prononcé le mots ''sévices'' et il devait se maîtriser.

    « Excuses-moi. Ce que je dis ne rime pas à grand chose, c'est juste que ça me met hors de moi que des choses comme ça se produisent. Si tu ne veux pas en parler je ne te forcerais pas mais...je t'écouterais si tu veux le faire. »

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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Sam 24 Avr - 0:09

    « Les gens, en général, préfère qu'on leur pose des questions détournées... Ils appellent ça le tact. Même si au final ça ne sert qu'à enrober les choses difficiles. »

    Sourire.
    Légère pause avant de reprendre.
    « Tu es vraiment différent. »

    Le médecin rejoignit son bureau.
    Akira acquiesça. Non, il n'était pas comme les gens en général. Oui, il était différent. En bien ou en mal ? Aucune idée. Juste différent...
    Et pour une fois, cette différence ne sonnait pas comme une insulte aux oreilles du plus jeune. Le médecin n'avait pas utilisé un ton insultant. Ni hautain ou supérieur. Bien qu'il eut toutes les raisons de le faire.
    Il était médecin, après tout. Il avait réussi sa carrière. Et la plupart des médecins qu'Akira avait fréquentés se pensaient au-dessus de tout et de tout le monde. Il en gardait un souvenir plutôt amer.
    Et le tact, il n'appréciait pas ça. C'était simplement une perte de temps. Bien sûr, cette opinion n'engageait que lui.
    « Le tact, comme vous dîtes, la subtilité ou la diplomatie ne sont rien d'autre que de l'hypocrisie... »

    C'était bien vrai, non ? Du moins selon son point de vue. D'autres affirmeraient sûrement le contraire. Mais qu'en avait-il à faire, de ce que les autres pensaient ? Strictement rien, cela ne l'intéressait pas.
    « Tes cicatrices. Tu as subit des sévices corporels, je me trompe ? C'était ton père ? »

    Bien sûr que non, il ne se trompait pas. Et il ne se trompait pas non plus sur l'identité de la personne qui lui avait fait subir cela. C'était effectivement cet homme. Et son propre frère s'était joint à lui, par la suite.
    On peut dire, avec sarcasme, que c'était une famille très... liée.
    Il détourna les yeux un instant, perdit son infime sourire et retrouva le regard du médecin.
    « Oui, c'était... lui. »

    Il était juste incapable de dire que c'était son père. Cet homme était immonde... Il rechignait à l'appeler comme cela à haute voix. Géniteur, tout au plus. Parce qu'il n'était pour lui rien de plus que cela. Juste celui qui avait contribué à lui donner la vie. Et qui aurait mieux fait de s'abstenir...
    Mais « père »... C'était un nom qu'il ne méritait pas. Une grimace dégoutée se peignit sur son visage, tordant ses traits fins.
    Le médecin détourna à son tour son regard et Akira remarqua qu'il se contenait. Il contenait, lui semblait-il, une soudaine colère. L'explication lui parvint par la suite :
    « Excuses-moi. Ce que je dis ne rime pas à grand chose, c'est juste que ça me met hors de moi que des choses comme ça se produisent. Si tu ne veux pas en parler je ne te forcerais pas mais... je t'écouterais si tu veux le faire. »

    C'était donc cela. Il enrageait, lui aussi. Pourquoi ? Des choses comme celles-ci se produisaient tous les jours, partout, à la porte d'à-côté... C'était courant, de nos jours. Tout le monde frappait sur tout le monde. Sans distinction aucune. De plus, frapper ses proches, les gens vivants sous le même toit, c'était plus simple. Plus simple aussi, de s'assurer de son silence. D'avoir un moyen de pression quelconque.
    Est-ce que Yoshiki avait pitié, aussi ? C'était fort probable. Sauf que, si c'était le cas... Il n'en voulait pas, de sa pitié. Il ne voulait pas qu'on éprouve ce sentiment à son égard. La pitié, c'était bon pour les faibles. Ce qu'il n'était pas. Ce qu'il n'était plus...
    Et il avait la manie de toujours s'excuser, aussi. Pour tout et pour rien. Il s'excusait pour un acte commis par Akira et il s'excusait même pour l'attitude qu'il adoptait...
    Akira devait-il lui parler, lui expliquer, lui raconter ? Ce serait lui accorder sa confiance. La méritait-il ? Akira le connaissait à-peine. Il ne savait, de son côté, rien sur lui. Qu'avait-il vécu ? Qu'avait-il connu, qu'avait-il vu ?
    « Je ne suis pas de ceux qui se confient aussi facilement. »

    Débuta-t-il en se relevant de la table d'auscultation.
    Il défroissa ses vêtements du plat de la main et s'approcha du médecin.
    « Répondre à vos questions, c'est une chose. Vous... racontez, s'en est une autre. »

    Effectivement. Les questions, il se contentait d'y répondre, il n'avait pas à expliciter. Et raconter c'était dire des choses que le médecin ne demanderait peut-être pas, ce serait lui en dire trop.
    « Je ne sais pas qui vous êtes. Je ne sais pas si je peux vous accorder ma confiance. Comprenez-moi : je ne sais rien. »

    Lui dit-il pour toute explication, en secouant légèrement la tête.
    Cependant, il ne pouvait nier que se confier -enfin- à quelqu'un lui ferait sûrement le plus grand bien. Il en avait besoin. Garder tout cela pour lui, en lui, finirait par le rendre malade. Peut-être que s'il extériorisait tout cela, il irait mieux ensuite.
    Mais cet homme était-il le bon confident ? Leur entretien avait plus ou moins mal tourné. Akira l'avait frappé. Et si sa gentillesse n'était qu'une façade ? Seulement une tromperie pour le pousser à se confier ? Il pouvait très bien retourner ses confidences contre lui par la suite. Une vengeance. Qu'il était en droit de mener, après tout.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Sam 24 Avr - 12:32


    Pour l'adolescent, le tact et tout ce qui servait à vivre en société était de l'hypocrisie. En un sens, il n'avait pas tort. Pourtant c'était ce que le commun des mortels appelait du savoir vivre et c'était avec ça que les gens arrivaient à cohabiter sur cette fichue même planète. Dur certes, mais pourtant c'était la règle convenue que tout le monde souffrait en silence et sans broncher. Certains étaient mieux pourvu de ces attributs de savoir-vivre que d'autres. Certains s'en sortaient beaucoup mieux que d'autre pour côtoyer cette foule anonyme qui peuplait la terre. Ceux-là avaient beaucoup de chance. Yoshiki était de ceux qui se débrouillaient sans pour autant ne jamais commettre de faux pas. Ça il en avait subit les déboires et il s'en souvenait encore. Dans tous les cas, il pouvait aussi comprendre ceux qui, comme Akira, ne supportait pas ce surplus de sucre dans un monde déjà assez hypocrite. Et avec ce qu'il savait déjà, il pensait qu'Akira faisait bien de penser de cette façon.

    Il hocha légèrement la tête lorsque le garçon confirma ses soupçons. Battu par son père. Ses dents se serrèrent, heureusement qu'il savait garder son calme et se maîtriser. Il croisa les bras sur son torse en regardant Akira continuer. Bien sûr qu'il n'était pas du genre à se raconter comme ça. L'adolescent était à prendre avec des pincettes et Yoshiki commettait erreur sur erreur. Il n'avait pas l'habitude et le moindre de ses mots était pris comme une attaque par le brun. Comment pouvaient-ils communiquer correctement dans ces cas là ? Le médecin devait faire attention et c'est comme ça qu'Akira s'attirait des comportements qu'il n'aimait pas. S'il n'était pas autant sur la défensive, alors les choses plus naturellement. Ici, il y avait un problème et Yoshiki était obligé d'en tenir compte afin d'avancer et de se rapprocher du garçon.

    Car en effet, ce dernier avait besoin de parler et cela se ressentait. Mais il ne parlerait pas s'il n'avait pas confiance et c'était donc ce que Yoshiki avait à faire. Il était médecin après tout et c'était son boulot. Il garda les yeux fixé sur Akira alors qu'il parlait. Lui précisant bien qu'il était un inconnu pour lui et qu'il le resterait encore longtemps. En gros, Yoshiki était loin d'avoir la confiance du brun et il risquait d'avoir du mal s'il tentait de la lui arracher. Non...au lieu de ça, s'il ne le connaissait pas, autant que ce soit qui change. Alors peut-être qu'en connaissant mieux son interlocuteur, Akira parviendrait à voir en lui un être humain et non un médecin en blouse blanche. Les bras croisés sur son torse, il prit une respiration et baissa la tête pour commencer.

    « J'ai été marié. Deux ans. On se connaissait depuis déjà quelques temps, alors quand on a été diplômés je lui ai fait ma demande qu'elle a accepté. On a trouvé du travail, on était bien payé et on vivait bien. Jusqu'à ce que j'apprenne qu'elle m'avait trompé. »
    Ses dents se serrèrent à nouveau. Les femmes étaient toutes de sales garces manipulatrices. Elles n'étaient là que pour torturer les hommes. « Le divorce a été difficile, mais j'ai eu la garde de notre fille. Les choses auraient pu aller mieux mais ça n'a pas été le cas. Mon père n'a pas approuvé les décisions que j'ai prises, j'ai perdu mon travail et j'ai été discrédité dans les hôpitaux du pays. J'ai dû leur laisser ma fille pour qu'ils l'élèvent à ma place... »

    Il avait gardé la tête baissée. Raconter cette période de sa vie lui était pénible. Dans cette université, les seules personnes qui la connaissait étaient son ami Aki et le directeur qui l'avait engagé. Pour les autres, le mystère planait autours du médecin qui avait seulement l'air d'être un docteur brillant et efficace. Ce qu'il avait souffert avant d'arriver ici, personne ne le savait et lui-même digérait difficilement ces évènements qui le faisaient souffrir un peu plus à chaque fois. Il eut un moment de silence avant d'ajouter à mi-voix comme si le garçon l'avait forcé à parler.

    « N'en parle pas s'il te plait... »

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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Sam 24 Avr - 22:25

    Le médecin, les bras croisés sur le torse, baissa les yeux vers le sol avant de prendre la parole.
    « J'ai été marié. Deux ans. On se connaissait depuis déjà quelques temps, alors quand on a été diplômés je lui ai fait ma demande qu'elle a accepté. On a trouvé du travail, on était bien payé et on vivait bien. Jusqu'à ce que j'apprenne qu'elle m'avait trompé. »
    Il s'arrêta un instant.
    Akira pouvait très bien imaginer ce qui lui coûtait de se confier.
    « Le divorce a été difficile, mais j'ai eu la garde de notre fille. Les choses auraient pu aller mieux mais ce n'a pas été le cas. Mon père n'a pas approuvé les décisions que j'ai prises, j'ai perdu mon travail et j'ai été discrédité dans les hôpitaux du pays. J'ai dû leur laisser ma fille pour qu'ils l'élèvent à ma place... »

    Ainsi, il avait une fille ? La laisser chez ses parents avait dû lui être à la limite de l'insupportable vu la manière dont il en parlait. Il s'était battu pour avoir sa garde et finalement elle grandissait, évoluait et apprenait sans lui...
    « N'en parle pas s'il te plaît... »

    Il n'en avait pas l'intention. Qu'est-ce que cela pourrait lui apporter ?
    Akira était étonné. Pourquoi lui avoir raconté tout cela ? Pourquoi lui avoir divulgué son passé ? Lui ne lui avait rien demandé concernant son histoire, sa vie. C'était de l'ordre du privé, il le respectait. Il n'aurait jamais cherché à en savoir plus, à savoir ça.
    Il hocha simplement la tête, lui faisant comprendre que non, il ne dirait jamais rien de tout cela à personne. Il aurait bien voulu dire ou faire quelque chose. Mais quoi ? Il doutait que ses simples paroles d'adolescent serviraient à Yoshiki ou même le réconforteraient. Il ne pouvait rien faire, impuissant face à cette situation. Il ne savait pas comment réagir. Il ne savait simplement pas.
    Mais maintenant, il paraissait évident qu'il était dans « l'obligation » de lui raconter ce qui avait marqué sa vie à son tour. Les grandes lignes, au moins.
    Mais lui ne baissa pas les yeux avant de débuter. Au contraire, il ne se détourna pas du regard du médecin, voulant voir comment il réagirait, lire les expressions et les émotions qui se peindraient sur son visage.
    « Ma mère est morte lors de mes treize ans. Jusque là, mon... père... il s'était contenté de me frapper, de m'insulter, de me rabaisser. Mais à la mort de son épouse... les choses ont changé. Elle n'était plus là pour le contenter, plus là pour l'empêcher de faire de moi ce qu'il voulait. »
    Grincement de dents et froncement de nez à la prononciation de ce patronyme ne lui convenant absolument pas. Père... Et puis quoi d'autre, encore ?!
    Sa résolution de laisser ses yeux rivés dans ceux du médecin tomba finalement à l'eau. Non pas parce qu'il lui était trop dur de supporter son regard, le jugement qu'il y lirait ou autre... Juste parce qu'ils se perdirent seuls dans le vide de la pièce, retraçant son histoire dans son esprit, oubliant tout le reste.
    « J'ai un frère. Un jumeau, Itaru, qui prenait notre père pour modèle. Un petit con. Mais qui était aimé de Kai... »
    A nouveau, des grimaces de dégout déformèrent son visage.
    Il ne trouva pas utile de préciser que Kai était son père... Il était perdu dans ses souvenirs, racontant son histoire comme on lit un conte. Il y a tellement longtemps que cette histoire l'empêchait d'avancer, l'empêcher de voir plus loin, pourrissait sa vie. Il déversait ses mots comme certains déverseraient leurs larmes. Et cela lui faisait le même effet. Bénéfique.
    « Je n'étais pas comme ça auparavant. J'étais gentil... Trop gentil. Naïf, aussi. Je ne voyais pas les choses qui paraissaient pourtant évidentes... Même lorsqu'on me les a dîtes, j'ai refusé d'y croire ! »

    Cela sonnait comme une insulte à sa propre personne.
    « C'est vers moi que Kai se tourna lorsqu'il eut envie de tirer son coup. Vers moi... parce qu'il tenait trop à Itaru et qu'il était probablement plus facile de penser baisait une fille en me baisant moi... »

    Il ne contrôlait plus sa voix, laissant nettement sa rage et sa haine prendre le dessus. Il ne criait pas, au contraire, lorsqu'il était en colère sa voix se faisait plus basse, plus menaçante, baissait d'un octave.
    « En plus de me violer quotidiennement, il continuait aussi à me frapper. Quel merveilleux passe-temps ce devait être... »

    Ironie... Ses mains étaient parcourues de tremblements incontrôlables ne cherchant pas à être contrôlés. La haine qu'il ressentait à son encontre était tellement intense... Rien ne pouvait la maîtriser.
    « Quelques années plus tard, Itaru décida que prendre exemple sur Kai serait une bonne chose. Et à son tour, il... »

    Akira s'arrêta. C'était horrible. Dégueulasse à un point défiant tout entendement. Horrible à vivre, horrible à savoir. Et encore pire à raconter.
    Il sortit de l'espèce de transe dans laquelle il était et croisa le regard de Yoshiki. Dans les yeux d'Akira la détresse et l'horreur était visible. Il le savait. C'est pour cela qu'il se dépêcha de détourner le regard, fixant un autre point dans l'infirmerie trop silencieuse, tout à coup.
    C'était bien la première fois qu'on pouvait lire dans ses yeux d'habitude si vides.
    « C'est... Je crois que je vais vomir... »

    Il semblait qu'il venait tout juste de prendre conscience de ce qu'il avait subi. Raconter les faits rendait les actes plus réels.
    Il porta sa main valide à son front, baissa la tête et ferma les yeux, essayant de se reprendre. Il tenta de calmer sa respiration.
    Peut-être que toute sa vie n'était qu'un mauvais rêve, après tout, et qu'il finirait bien par se réveiller...
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Dim 25 Avr - 20:12


    Comme il l'avait supposé, ce n'était pas en ne faisant que recevoir que l'on établissait des contacts avec les gens. Yoshiki avait accordé une part de sa confiance à Akira et même si celui-ci ne semblait savoir comment réagir face à ça, il comprenait et acceptait. Le brun se contenta de hocher la tête aux paroles du médecin. A vrai dire, il n'y avait pas grand chose d'autre à faire et Yoshiki n'attendait rien en retour. Il avait ça pour montrer à Akira qu'il lui faisait aussi confiance et que si l'adolescent avait besoin de se tourner vers quelqu'un, Yoshiki serait là pour ça. Et il ne s'était pas trompé. Après un léger moment de silence où il eu peur qu'Akira s'enfuit à toute jambe, il leva les yeux vers lui et commença à parler. Une histoire dure, qu'il n'avait probablement encore jamais raconté une seule fois dans sa vie et qui lui en coûtait a énoncer de cette façon à voix haute. Devoir construire une logique syntaxique autours de faits complètement illogiques.

    « Ma mère est morte lors de mes treize ans. Jusque là, mon... père... il s'était contenté de me frapper, de m'insulter, de me rabaisser. Mais à la mort de son épouse... les choses ont changé. Elle n'était plus là pour le contenter, plus là pour l'empêcher de faire de moi ce qu'il voulait. »

    Il semblait avoir des problèmes avec le mot « père » et Yoshiki comprenait à quel point c'était difficile. Comme l'adolescent devait le penser, ce « père » n'en avait jamais été un pour lui et ne méritait donc certainement pas ce nom. Il était entièrement d'accord là dessus et il aurait aimé lui dire qu'il pouvait l'appeler autrement mais il préféra ne pas le couper dans la tâche difficile qu'il venait d'entreprendre. Il se contenta alors également de hocher la tête en signe d'écoute et pour l'inciter à continuer. Il attendrait qu'il ai finit de parler pour dire quelque chose, aussi futile que cela pouvait être.

    « J'ai un frère. Un jumeau, Itaru, qui prenait notre père pour modèle. Un petit con. Mais qui était aimé de Kai... » Kai ?...Ce devait probablement être le nom du père...Yoshiki l'observait toujours, se rendant de plus en plus compte que l'adolescent se sentait mal et qu'il avait du mal à contenir son sang-froid. Mais il était persuadé que le mieux à faire était de le laisser aller jusqu'au bout avant de faire quelque chose.

    « Je n'étais pas comme ça auparavant. J'étais gentil... Trop gentil. Naïf, aussi. Je ne voyais pas les choses qui paraissaient pourtant évidentes... Même lorsqu'on me les a dîtes, j'ai refusé d'y croire ! C'est vers moi que Kai se tourna lorsqu'il eut envie de tirer son coup. Vers moi... parce qu'il tenait trop à Itaru et qu'il était probablement plus facile de penser baisait une fille en me baisant moi... En plus de me violer quotidiennement, il continuait aussi à me frapper. Quel merveilleux passe-temps ce devait être... Quelques années plus tard, Itaru décida que prendre exemple sur Kai serait une bonne chose. Et à son tour, il... »

    L'adolescent était à bout et ne semblait savoir où il se trouvait jusqu'à ce qu'il pose ses yeux dans ceux de Yoshiki. La détresse et la peur s'y lisait. Même si aujourd'hui il n'avait plus rien à craindre de ceux qui l'avait fait souffrir, il en avait tellement bavé que ces émotions resteraient gravées en lui pour toujours, aussi vivace que s'ils avaient stoppés tout ceci la veille. Yoshiki le regarda à son tour, ce n'était pas de la pitié qu'il avait. Loin de là. Il était juste en rage contre la société qui avait engendré des animaux pareils. Il savait l'humain passablement con, il savait que ce genre de choses arrivaient mais là, il en était le témoin indirect et sa colère dépassait de loin son entendement.

    « C'est... Je crois que je vais vomir... »

    Bien sûr...bien sûr, il ne pouvait réagir que comme ça. Une envie vivace de venir le serrer dans ses bras l'envahit mais c'était le genre de chose qui serait mal interprétées par Akira. Il penserait inévitablement que Yoshiki avait pitié. Si ce n'était pas déjà le cas. Le médecin garda le silence un long moment, baissant les yeux vers le sol à la fois pour ne pas que sa colère soit visible et pour respecter les émotions de l'adolescent. Il serra les dents un moment avant de parvenir à les desserrer enfin, les bras toujours croisés mais il releva légèrement les yeux vers le brun. Il pourrait y lire combien il prenait son histoire au sérieux, combien il essayait de le comprendre et combien il aurait aimé effacé tout ça de son esprit s'il avait pu.

    « Akira... » Les mots se bloquèrent dans sa gorge. Que pouvait-il dire ? Rien. Il n'y avait rien à dire d'intelligent après ça. Il ouvrit seulement les bras pour laisser approcher l'adolescent s'il le voulait. « Viens là... » ajouta-t-il doucement en le regardant.

    Sa pire peur à ce moment là était qu'Akira confonde sa colère avec de la pitié. Yoshiki était de ceux qui n'aimait pas la pitié des gens et il était bien un des rares médecins à ne pas en faire preuve dans son travail.

    « T'as souffert...mais il ne faut pas que ça t'empêche d'être heureux maintenant... » voilà les seuls mots qu'il pouvait dire pour le moment. L'adolescent avait le droit d'être heureux.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Dim 25 Avr - 23:39

    [HJ : Désolée, je suis fatiguée, je ne peux pas faire mieux...]

    Tout le long de son « discours » Akira sentit peser sur lui le regard du médecin. Il ne chercha finalement pas à y déceler la moindre émotion. Parce qu'il aurait fallu pour cela qu'il lève le regard vers le sien, et il avait peur de ce que Yoshiki pourrait lire dans ses yeux qui trahissaient ses états d'âme. Il n'aimait pas se montrer faible. Et pourtant c'était l'impression qu'il avait. Qu'il laisse les yeux baissés ou qu'il les relèvent, il se sentait faible, minable. Et sale. Surtout sale. Normal, après tout...
    Lorsqu'il osa enfin relever le regard vers le médecin, il vit que ce dernier avait la tête baissée, les bras croisés.
    Au bout d'un certain temps, leurs yeux se croisèrent et ce que Akira y lu n'était absolument pas de la pitié. De la compréhension, de la colère et peut-être de la douleur, aussi. Mais pas de pitié.
    Il lui en était reconnaissant...
    « Akira... »

    Débuta le médecin, après un long moment de silence. Puis il s'interrompit, ouvrit les bras.
    « Viens là... »

    Akira hésitait sur la marche à suivre. Il avait besoin de réconfort. Surtout maintenant. Il avait besoin de ces bras secourables. Il en était presque persuadé. Mais... en même temps, quelque chose l'empêcher de s'y précipiter. Le peu de fierté qui lui restait ? Oui, sûrement.
    « T'as souffert... mais il ne faut pas que ça t'empêche d'être heureux maintenant... »
    Ajouta le médecin. Il avait souffert. C'était bien vrai... Il le savait, ça.
    Être heureux ? Mais... Il était heureux, non ? Non. La vérité le frappa. Non. Il n'était pas heureux. Bien qu'il l'eut cru. Non... Et cette histoire, qui était censée appartenir à son passé, faisait aujourd'hui encore partie intégrante de sa vie. Cela expliquait son attitude, ses paroles et tout le reste...
    Il prenait décidément conscience de bien trop de choses, aujourd'hui.
    Il regarda le médecin, ses bras ouverts... Mais il ne pouvait pas se résoudre à se lever et s'y blottir.
    « Je suis... désolé. »

    Il avait dit cela dans un souffle, presque comme une supplication.
    Désolé de quoi, exactement ? D'un peu tout. Désolé pour son comportement, désolé de l'avoir frappé, désolé pour lui, pour ce qu'il avait vécu avec ses parents, sa femme et sa fille. Désolé de l'avoir mis en colère en lui racontant à son tour son histoire. Et désolé de ne pas se lever pour faire ce qu'il attendait de lui.
    Et il était important pour Akira que Yoshiki le pardonne. Il s'en voulait déjà assez pour deux...
    Il se leva, ne supportant plus d'être assis. Ses yeux noirs dans ceux du médecin, il ajouta :
    « Et je vous remercie. Pour tout... »

    Il s'était excusé et avait remercié. Le même jour. La même personne.
    Yoshiki ne s'en rendrait sûrement pas compte, mais ce n'était pas loin d'être un exploit pour le jeune-homme.
    Mais cet homme méritait ses paroles, il en était persuadé, désormais. Et il regrettait aussi ce qu'il avait pensé de lui au début.
    « Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas quoi faire. »

    Avoua-t-il. De toute façon, maintenant, une confidence de plus ou une de moins...
    Le médecin savait dans quel état Akira se trouvait. Il n'avait plus besoin de le cacher...
    « En venant ici, je n'avais pas l'intention de vous raconter ça. Je n'avais même pas l'intention de parler, en fait... »
    Il lui offrit un sourire. Un sourire fatigué, mais un vrai sourire.
    Apparemment, il avait réussi. Akira lui faisait confiance...
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Lun 26 Avr - 0:23


    [HJ : pas de soucis t'inquiètes je suis pas à fond à chaque rep non plus, on est humain après tout ^^]

    Le médecin regardait toujours l'adolescent, le laissant choisir de venir contre lui ou pas. Mais il ne le fit pas. Il aurait dû s'en douter et avait été bien stupide de le lui proposer. Sûrement penserait-il que c'était une atteinte à la fierté qu'il lui restait ? Il ne se disait pas qu'il pouvait bien se laisser au moins quelques fois dans sa vie, avec une personne en qui il aurait confiance. Et ce n'était peut-être pas encore lui. Il le ferait un jour, mais Yoshiki n'était pas le bon. Il laissa retomber lentement ses mains contre ses cuisses en le regardant toujours. Le brun avait l'air bouleversé des aveux qu'il venait de faire.

    « Je suis... désolé. Et je vous remercie. Pour tout... »

    Akira s'était levé et pour toute réponse le médecin lui sourit légèrement en hochant doucement la tête. Il n'avait fait que l'inciter à vider son sac et se sentir un peu mieux. Ce n'était pas grand chose, il avait suffit de lui accorder un peu de confiance pour qu'il puisse le faire en retour. Désolé...Yoshiki pardonnait facilement. Depuis la trahison de sa femme, il savait faire la part des choses entre ce qui pouvait être pardonné et ce qui ne pouvait pas l'être et un coup au visage pour une raison comme celle là, cela faisait partie des choses les plus pardonnables au monde.

    Yoshiki se mit à sourire légèrement et se redressa de contre son bureau. Akira s'était levé également et lorsqu'il lui annonça qu'il ne savait pas quoi faire ni quoi dire. La solution apparue clairement dans l'esprit de Yoshiki. C'était simple...et tant pis si l'adolescent tentait de le repousser. Ce dont il avait besoin c'était de savoir que quelqu'un était là pour lui et qu'il pouvait compter sur quelqu'un. Il s'approcha de lui et passa ses bras autours de ses épaules pour le serrer doucement contre lui. C'était une étreinte amicale qui n'obligeait Akira à rien du tout. Simplement il devait savoir que Yoshiki acceptait sa confiance, qu'il acceptait ses excuses et ses remerciements et que s'il n'avait rien à dire et rien à faire, il n'était pas obligé de dire ou faire quoi que ce soit.

    « Je sais...mais je pense que ça t'as fait du bien de vider un peu ton sac... Pour ma pommette, ne t'inquiètes pas...j'en ai vue des pires tu sais... »

    Il finit par le relâcher et passe une main douce dans ses cheveux en lui souriant. En effet, ils étaient un peu comme des amis à présent et Yoshiki s'en sentait étrangement plus riche alors qu'il ne connaissait aucun de ses goûts. Il savait simplement que Akira était quelqu'un de bien et d'intéressant et que l'avoir parmi ses amis était une grande chose.

    Il attrapa alors un peu de pommade qu'il passa doucement sur sa joue un peu gonflée. Cela partirait d'ici quelques jours et l'os n'était pas fracturé, il n'y avait vraiment aucune raisons de s'en faire. Il finit par reboucher le tube et leva une nouvelle fois les yeux vers Akira pour lui sourire.

    « Tu veux bien le faire cet examen ou toujours pas ? »


    Il n'insisterait pas s'il ne voulait pas mais vu la situation, à avoir un dossier en bonne et due forme, autant l'avoir plutôt que de mentir. Yoshiki n'aimait pas mentir, surtout lorsque cela touchait la médecine et la santé des gens.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Lun 26 Avr - 1:48

    Après le refus d‘Akira, le médecin laissa retomber ses bras le long de son corps, observant toujours l‘étudiant. Mais lorsqu’il ce dernier lui avoua ne savoir que faire ni quoi dire, Yoshiki s’approcha de lui avant d’enlacer ses épaules. L’idée de le repousser effleura bien entendu l’esprit du plus jeune, mais il l’abandonna avant qu‘elle ne se transforme en plus qu‘un simple effleurement. Dans cette situation, Akira était extrêmement mal à l’aise, il ne savait pas comment réagir. Personne ne l’avait jamais serré dans ses bras de cette façon-là, pour le réconforter, le rassurer, lui faire comprendre qu’il n’était pas ou n’était plus seul. Personne jusqu’à maintenant… C’était étrange, et bizarrement rassurant, aussi. Il leva les mains, dans l’optique de lui rendre son étreinte, mais arrêta le geste amorcé, et lentement, lil es replaça le long de son corps maigre.
    Il attendit, ne le repoussant toujours pas.
    « Je sais… mais je pense que ça t’as fais du bien de vider un peu ton sac… Pour ma pommette, ne t’inquiètes pas… j’en ai vu des pires tu sais... »

    Il finit par le relâcher et Akira recula d’un pas. Espérant ne pas le vexer, il n’avait absolument pas agit avec cette idée dans la tête. C’était un recul instinctif, irréfléchi, automatique. Et non calculé.
    Il observa le médecin dévisser le tube de pommade afin d’en étaler sur sa pommette meurtrie, doucement, et refermer le tube.
    Apparemment, il avait accepté ses excuses s’il en croyait leur précédente étreinte, mais il s’en voulait tout de même toujours.
    « Tu veux bien le faire cet examen ou toujours pas ? »
    Ah oui… C’est vrai que s’ils étaient là c’était à-cause de ce satané examen… Akira l’avait presque oublié celui-là, avec tout ça.
    « J’imagine que je n’ai plus rien à vous cacher, maintenant… Alors, allons-y. »
    Non, il n’avait effectivement plus rien à lui cacher. Il avait vu les traces et écouté l’histoire. Certes, il n’était pas allé au bout de son histoire, mais elle était très simple à deviner, alors à quoi bon ? Il avait compris ce qu‘il y avait à comprendre… Le résumé bref et simple aurait pu être que Akira avait vécu un cauchemar. Oui, simple, bref et vrai.
    Il n’était tout de même pas très enthousiaste à l’idée de faire cet examen. Bien que ce ne serait certainement rien comparé à ce qui venait de se passer… Mais le médecin n’avait vu que les marques recouvrant son avant-bras. Pas le reste. Et seulement celles-ci avaient déjà semblé le mettre en colère. Très en colère.
    Une fois encore il haussa les épaules. Et puis, il se dirigea de lui-même vers la table d’auscultation. Il s’y assit, un peu tendu et appréhendant la chose, et il attendit que Yoshiki lui demande de faire quelque chose.
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MessageSujet: Re: Le corps est un trésor Mar 27 Avr - 18:23


    Le garçon n'avait pas bronché alors que Yoshiki le serrait contre lui. Il n'avait pas répondu à son geste soit, mais surtout il ne l'avait pas repoussé et c'était sans doute le plus important. Lorsqu'enfin il le relâcha, instinctivement Akira recula d'un pas. Il ne semblait pas en avoir eu lui-même conscience mais cela signifiait certainement qu'il n'était pas encore prêt à s'ouvrir à ce point aux gens. Yoshiki s'en rendait bien compte maintenant et il en prit note. Il ne fallait pas aller trop vite ou le brusquer de peur qu'il ne se renferme à nouveau subitement et qu'il ne puisse absolument plus communiquer avec lui. Ce qui serait bien dommage car il était persuadé qu'ils s'entendraient bien. L'adolescent finit par répondre à la question du médecin.

    « J’imagine que je n’ai plus rien à vous cacher, maintenant… Alors, allons-y. »

    Yoshiki hocha légèrement la tête en souriant, il se rendait compte de l'énorme progrès qu'ils avaient fait tout les deux, notamment lorsqu'il le vit s'approcher lui même de la table. Il attrapa donc son stéthoscope qu'il pose autour de son cou et boutonna sa blouse correctement avant de se tourner vers son matériel pour prendre quelques outils médicaux. Il lui sourit légèrement avant de le rejoindre.

    « Ca prendra seulement quelques minutes...tu peux enlever ton pull s'il te plait ?...et assieds toi... »

    Il le laissa faire avant de commencer par sa respiration. Il posa le bout du stéthoscope contre le t-shirt d'Akira.

    « Respire profondément »

    Il écouta attentivement, pas de souffle dans les poumons, un rythme cardiaque correct. Il renouvella l'examen dans son dos. Il n'y avait aucun problème. Il en profita pour lui sourire et prit de quoi lui prendre sa tension. Enroulant le tissu autours de son bras, il posa le stéthoscope dessous et gonfla la pompe avant de relâcher la pression. 10,7. C'était un peu faible pour un garçon de son âge mais il ne semblait pas énervé outre mesure. Un peu plus tôt, il aurait sans doute été à 13 de tension voire plus.
    Il ôta le tout avec un sourire.

    « Tout me semble parfait... »

    Un léger coup sur le genou pour vérifier les réflexes et il put affirmer que tout allait bien physiquement chez Akira. Il pouvait à présent partir l'esprit clair et serein. Yoshiki ne l'embêterait plus sur un quelconque examen.

    « Tu vois...c'était rapide hein... »

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Le corps est un trésor

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